Pardon my French! — ces expressions étrangères qui nous donnent du fil à retordre

Pardon my French! — ces expressions étrangères qui nous donnent du fil à retordre

Certaines expressions étrangères nous laissent parfois pantois, même lorsque nous sommes persuadés de connaître une langue sur le bout des doigts. Julia, notre traductrice française qui explore les différents continents tout au long de l’année, partage ici quelques anecdotes rigolotes, nous montrant ainsi que les mots les plus simples renferment parfois de grands secrets.

J’ai la chance de voyager aux quatre coins du monde depuis une dizaine d’années maintenant, autant dans un cadre professionnel que personnel. J’ai donc eu l’occasion d’explorer des pays dont j’ignorais tout de la langue à de multiples reprises. Cependant, j’ai également rencontré des barrières linguistiques étonnantes au cours de mes périples, y compris dans les pays dont je pratiquais la langue « couramment ».

Je me suis ainsi parfois retrouvée dans des situations aussi rigolotes qu’incongrues à cause de ces petites subtilités propres à chaque langue, ces nombreuses expressions qu’il est possible de traduire mot à mot sans pour autant en comprendre la signification. Certaines nécessitent en effet d’avoir un minimum de contexte (historique, culturel…). Un obstacle pour beaucoup, mais un aspect qui contribue également à la richesse d’une langue !

En pratique

Traduisez l’expression française « quand les poules auront des dents » littéralement en n’importe quelle autre langue et vous risquez de vous retrouver face à un interlocuteur étonné. Inversement, un anglophone qui tenterait de vous traduire sa propre version de l’expression en français risque à son tour d’avoir du mal à se faire comprendre en mentionnant l’expression « quand les cochons pourront voler » (when pigs can fly).

La plupart des expressions sont identiques d’un pays à l’autre, certaines sont plus ou moins similaires à quelques détails près, mais d’autres restent un mystère total pour les non-initiés.

Je me souviens d’une discussion fascinante que j’ai eue avec mon amie anglaise Emma. J’ai traduit l’expression « tuer la poule aux œufs d’or » mot à mot, mais j’ai rapidement compris mon erreur, ayant employé l’expression « poule », alors que les anglophones parlent eux de goose (oie). Emma a bien entendu compris ce que je voulais dire, mais je venais de me trahir en révélant ma nationalité, et je ne méritais plus le titre tant convoité de la « parfaite anglophone ».

Une leçon marquante

Je me souviens également de l’un de mes tout premiers voyages aux Etats-Unis, lorsque j’étais âgée d’une dizaine d’années. Je possédais à ce moment les bases de la langue, mais j’étais loin d’en maîtriser toutes les subtilités. Je me suis donc retrouvée un peu perdue au cours d’un dîner, lorsqu’un ami américain de mon père s’est accidentellement brûlé la main en me passant le plat que je venais de lui demander. « Shit! », a-t-il lancé instinctivement, une seconde avant de remarquer l’expression de mon père qui lui faisait comprendre qu’il n’était pas exactement ravi d’entendre ce terme employé devant ses filles. « Hum, pardon my French ! », lança-t-il alors pour se rattraper.

Petite aparté

Cette expression que l’on peut traduire mot à mot par Excusez mon français est depuis longtemps utilisée dans certains pays anglophones lorsqu’une personne emploie un terme vulgaire (qui n’est pas du tout en français, comme le mot shit dans le cas présent) et souhaite s’excuser. L’origine de l’expression est incertaine : certains pensent que la France était autrefois associée à la vulgarité et l’indécence, d’autres pensent que les anglophones aimaient employer des expressions « chics à la française » pour se faire mousser, avant de s’excuser auprès des interlocuteurs qui n’étaient pas suffisamment « éduqués » pour les comprendre.

Mais revenons à nos moutons

J’étais déjà un peu surprise d’entendre un gros mot, mais j’étais maintenant complètement embrouillée. Venait-il de me demander de… « pardonner son français » ? Que pouvait-il bien dire par là !? J’étais celle qui parlait français, pas lui… Ma grande sœur, mon père et son ami se sont alors regardés avant d’éclater de rire, apparemment amusés par la confusion qu’ils lisaient sur mon visage. J’ai bien retenu la leçon ce soir-là… et j’ai surtout compris l’importance de se familiariser avec les expressions locales !

J’ai été interpellée par une autre expression quelques années plus tard lorsqu’une personne que je venais tout juste de rencontrer m’a invitée à deviner son âge. Au bout de quelques tentatives, elle m’a répondu : « Close, but no cigar ! » (C’est presque ça, mais pas de cigare !). J’ai bien compris que je n’avais pas trouvé la réponse correcte, mais je ne voyais pas vraiment le rapport avec les cigares ? J’ai appris plus tard qu’il s’agissait d’une expression utilisée lors des jeux organisés dans les foires américaines d’antan, il y a une centaine d’années, voire plus. Il s’agissait d’une époque bien différente et les prix tant convoités incluaient alors souvent des cigares, remplaçant ainsi les peluches et ballons traditionnels destinés aux enfants aujourd’hui. Mais, aujourd’hui comme hier, ces fameux lots étaient difficiles à obtenir, d’où l’expression : « Close, but no cigar ! ».

Rédigé par Julia Pinlet

Publié par notre charmante gestionnaire de projet Katerina

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